07.05.2008
7 mai fête de la fondation de Saint-Florentin
C’est une époque agitée, Louis le Pieux régne depuis 814 sur l’empire Franc érigé en empire d’Occident par son père Charlemagne mais déjà se déchire le corps splendide de la royauté carolingienne. En 830, Lothaire, Louis et Charles se révoltent contre leur père et inaugurent une longue série de luttes qui mèneront au partage définitif de l’empire en 843 à Verdun, trois ans après la mort du débonnaire Louis Ier.
Nous sommes en 831 et deux soeurs de haut lignage Godelime, comtesse de Chartres, et Lémisse, comtesse du Perche, découvrent Château-Florentin sur la route qui les mène en pèlerinage à Rome.
C’est leur frère, Germain, comte ou gouverneur de Château-Florentin, qui les reçoit en son fief. Jugeant l’église trop petite, elles décident de pourvoir à la construction d’un temple dédié à la Vierge Marie, puis reprennent leur route pour la sainte ville.
Elles arrivent à Rome après ce long voyage qu’on devine périlleux dans cet empire vacillant, visitent le tombeau des Apôtres, vont s’agenouiller aux pieds du Pape, Grégoire IV, et obtiennent de sa Sainteté un bras de saint Hippolyte, martyr, et d’autres reliques. Les martyrs sont les témoins du Christ et de l’Esprit Saint, leurs reliques témoignent encore de l’infuse présence de l’Esprit Saint en leurs chairs; point d’idolâtrie, un culte de l’exemplarité et des énergies divines baignant l’Homme.
Le chemin du retour se fait au rythme lent des chariots et des routes chaotiques. Découvrant à Brémur, dans le diocèse d’Autun, les reliques de saint florentin, martyr en Christ torturé et assassiné en 407 par un obscur vandale en compagnie d’Hilaire et Aphrodite, canonisé le 27 septembre 549. Frappées par cette coïncidence - et sans doute désirant relever la dignité du fief de leur frère – elles demandent au seigneur des lieux des reliques du saint. Elles obtiennent une partie du chef et l’humérus du bras droit de saint Florentin ainsi que des ossements de saints Hilaire et Aphrodite.
Le 6 juillet 833, elles arrivent à Château-Florentin, et la rencontre se fait en la cité et son Saint
Une femme avait ung enfant
Roide mort : le chef on bouta
De saint Florentin triomphant,
Sur lui, il ressuscita.
Les précieuses reliques sont religieusement déposées dans la chapelle du seigneur où elles demeureront jusqu’à ce que l’église en construction soit bâtie.
Pour honorer dignement ces saints ossements, Godelime et Lémisse décident la fondation sur le tertre d’une abbaye de chanoines et d’hospitalières vivant sous la règle de saint Benoît. C’est là notre actuel Prieuré.
En moins de deux ans, église et monastère sont terminés, la ville est prête pour sa transfiguration.
L’archevêque de Sens, Aldric (n775-<828>-+836), accompagné de Jonas l’évêque d’Orléans (<825>-+843), d’Héribald l’évêque d’Auxerre (<829>-+857) et d’autres de ses suffragants, vient en personne assurer la translation des reliques dans leur nouvelle demeure.
Après avoir entendu les témoins des miracles et le mort ressuscité, l’archevêque visite les reliques, constate leur qualité et leur quantité par procès-verbal.
Nous sommes le 7 mai 835, l’archevêque Aldric consacre l’église où les reliques sont emmenées en procession. Il prend soin d’installer les chanoines de l’abbaye, reçoit les vœux de dames Godelime et Lémisse en compagnie d’autres dames. Elles se consacreront désormais à la vie religieuse et à la charité envers les malades.
Consacrant l’église, l’archevêque fonde la cité et fait de Château-Florentin la ville de saint Florentin, en recommandant les habitants à sa bienveillance.
Saint-Florentin est née un 7 mai 835 !
Puisse notre saint patron Florentin et saint Martin nous protéger et donner vie et félicité à notre cité !
00:22 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : saint-florentin, histoire, église, martyr, christ, chrétien, reliques






